Un scandale qui s’étend depuis des années
Airbnb reconnaît avoir reçu 35 000 plaintes liées à des caméras cachées dans des logements loués via sa plateforme. Ces données, obtenues après une demande d’un tribunal américain et relayées par CNN, montrent l’ampleur d’un problème connu depuis longtemps. Les victimes découvrent souvent qu’elles ont été filmées en train de se changer, de se doucher ou dans des moments intimes. Certaines images impliquent même des enfants.
Des politiques de sécurité qui montrent leurs limites
Airbnb affirme réagir rapidement lorsqu’un client signale une caméra non déclarée. La plateforme évoque des mesures pouvant aller jusqu’à la suppression d’un hôte. Elle met aussi en avant ses vérifications d’antécédents aux États-Unis. Pourtant, ces mêmes règles précisent que les utilisateurs ne doivent pas s’y fier pour détecter toutes les condamnations. Plus troublant encore, des crimes graves comme le meurtre, le viol ou la pédophilie ne suffisent pas à interdire un propriétaire de proposer un logement.
Une stratégie d’étouffement des affaires
La majorité des cas ne parvient jamais aux autorités. Selon plusieurs témoignages, Airbnb privilégie un traitement interne et contacte parfois l’hôte incriminé avant même d’alerter la police. Cette pratique lui laisse le temps de supprimer les preuves. En 2021, un couple texan a refusé que la plateforme prévienne le propriétaire. Ils ont directement alerté la police, qui a découvert 2 000 images volées.
Des accords confidentiels pour éviter les scandales
Airbnb règle souvent ces affaires en négociant des compensations assorties de clauses de confidentialité. Les victimes n’ont alors plus le droit de parler publiquement de ce qu’elles ont subi. En mars 2024, la plateforme annonce l’interdiction totale des caméras dans les logements. Une décision saluée, mais dont l’application reste floue, car Airbnb n’explique pas comment elle compte contrôler les hôtes.
