Un accord secret qui bouleverse Washington
La révélation du Wall Street Journal a déclenché une onde de choc politique. Deux mois avant que les États-Unis n’acceptent de vendre des puces d’intelligence artificielle aux Émirats arabes unis, un accord discret liait déjà le clan Trump au conglomérat de Tahnoun ben Zayed al‑Nahyane. Cette transaction de 500 millions de dollars, conclue juste avant le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, soulève des interrogations majeures sur l’influence étrangère et la sécurité nationale. Elizabeth Warren réclame désormais une enquête parlementaire, estimant que l’affaire dépasse le simple conflit d’intérêts.
Une vente de puces IA qui change la donne
Washington refusait jusqu’ici de fournir ces technologies sensibles à Abu Dhabi en raison de ses liens étroits avec la Chine. Le revirement soudain surprend, d’autant que les Émirats recevront 500 000 puces IA, un volume inédit. Pour Tahnoun ben Zayed al‑Nahyane, cette avancée représente un levier stratégique. Son fonds G42 ambitionne de faire de l’intelligence artificielle le moteur de la puissance émiratie et de positionner Abu Dhabi comme hub régional majeur.
L’ascension d’un prince devenu « cheikh espion »
Tahnoun ben Zayed al‑Nahyane occupe une place centrale dans l’appareil politique émirati. Longtemps perçu comme un riche passionné d’échecs et de jiu‑jitsu, il s’est imposé comme l’un des hommes les plus influents du Golfe. Son empire financier s’étend de la First Abu Dhabi Bank à l’International Holding Company, en passant par le Royal Group. Il supervise aussi les principaux fonds souverains du pays, dont l’ADIA, qui gère plus de mille milliards de dollars.
Un acteur clé de la sécurité régionale
Depuis 2016, il conseille son frère MBZ sur les questions de sécurité. Cette position lui vaut le surnom de « cheikh espion ». Il pilote des dossiers sensibles impliquant la Syrie, l’Iran, la Libye ou encore les relations avec Israël. Son réseau, longtemps connecté aux technologies chinoises, continue d’inquiéter Washington, qui redoute des fuites potentielles vers Pékin. Sa capacité à combiner influence politique, puissance financière et contrôle sécuritaire en fait un acteur unique dans la région.
Une stratégie d’influence assumée
Tahnoun ben Zayed al‑Nahyane cultive une approche pragmatique, parfois jugée machiavélique. Il cherche avant tout à renforcer l’influence des Émirats, quitte à multiplier les alliances opportunistes. L’accord avec World Liberty illustre cette méthode : un investissement massif qui ouvre la porte à un gain technologique majeur. Pour Abu Dhabi, l’opération s’inscrit dans une stratégie cohérente. Pour Washington, elle soulève des questions essentielles sur l’intégrité du pouvoir et la protection des technologies sensibles.
